15 juillet 2019

Mauvaise graine




Il y a planqué dans le jardin
Comme une boulette de rien
Le genre de petite chose
Tombée au beau milieu des roses
Un p’tit pépin de rien du tout
Qui se propage comme un pou
Comme un furoncle potager
Un pédoncule à désherber

Ça nous refile de l’urticaire
Ça gratte et donne de l’allergie
Ça casse la pipe de grand-père
Ça pousse mémé dans les orties

C’est pas d’ not’ faute
C’est génétique
C’est même un peu pathologique
C’est pas d’ not’ faute
C’est dans nos gènes

Mauvaise graine !

Au bout des langues de vipères
Ça pouss' trop vite, ça prolifère
Ce p’tit grain donne la berlue
En jouant la grande ciguë
Et quand on tire la sonnette
Ça nous raconte des sornettes
En profitant, dès que l’on pionce
Pour nous balancer dans les ronces

Ça commence à nous pomper l’air
Ça nous bouffe tout notre oxygène
Ça finit par tout foutre en l'air
Ça se conclut par la migraine

C’est pas d’ not’ faute
C’est génétique
C’est même un peu pathologique
C’est pas d’ not’ faute
C’est dans nos gènes

Mauvaise graine !

Sans vouloir jouer les fayots
Ça nous court sur le haricot
Et sans mettre le feu aux poudres
Ni vous donner du grain à moudre
Ça finira par nous tuer
Car c’est écrit sur le papier
Gravé depuis Mathusalem
On récolte ce que l’on sème

Ça donne un look patibulaire
Ça nous rend pas très homogène
Ça finit par nous rendre vert
Ça nous met tous en quarantaine

C’est pas d’ not’ faute
C’est génétique
C’est même un peu pathologique
C’est pas d’ not’ faute
C’est dans nos gènes

Mauvaise graine !

On peut bien dire ce qu’on voudra
On garde tout au fond de soi
Toujours de la mauvaise graine
C'est juste une question d’hygiène

Mauvaise graine !

***

© Mélodie et interprétation : Guy E. Trépanier, Juin 2019 
© Paroles : Betty, Juin 2019
Licence : Creative Commons BY-NC-ND

06 juillet 2019

Malgré tout

Chanson - Malgré tout - Poésie - Chansons de sansonnet - Chanson poétique -  Paroles et textes pour chansons - Dessin - Image
Le jour se lève
Et se dresse devant toi
Comme une barricade
Qui t’éloigne de ta voix
O ! Tout est si loin
Sans vraiment savoir pourquoi
Parfois la vie t’emmène
À contre-sens de la voie
O ! Bien loin de toi

Ne t’éloigne pas
Pas maintenant
Tu es déjà
Depuis longtemps
Si loin de toi
Mais à présent
Écoute-moi
Juste un instant
Et dis-moi que tu es là

O ! Dis-moi…

Que tu vas résister
Résister aux cris
Résister au bruit
Oui ! Dis-moi
Résister au temps
Résister au vent
Résister aux coups
Résister à tout
O ! Dis-moi
Que tu vas encore
Résister au sort
Et rester debout
... Malgré tout

Tu longes la rue
Et chaque pas colle au cœur
Quand tant d'épreuves tombent
Sous le poids de tes erreurs
O ! Tout est si lourd
Sans vraiment savoir pourquoi
Parfois la vie te pèse
Et t’entraîne bien trop bas
O ! Plus bas que toi

Ne t’effondre pas
Pas maintenant
Tu es déjà
Et trop souvent
Tombé si bas
Mais à présent
Écoute-moi !
Juste un instant
Et dis-moi que tu es là

O ! Dis-moi…

Que tu vas résister
Résister aux cris
Résister au bruit
Oui ! Dis-moi
Résister au temps
Résister au vent
Résister aux coups
Résister à tout
O ! Dis-moi
Que tu vas encore
Résister au sort
Et rester debout
... Malgré tout

Et si chaque jour
Tu entends au fond de toi
Le bonheur qui t’appelle
Approche-toi et dis-toi
Que la vie ne tient
Qu’aux étoiles qui se glissent
Sous la peau de tes rêves
Qui scintillent et se hissent
O ! Si près de toi

Ne renonce pas
Pas maintenant
Tu es déjà
Assurément
Presque chez toi
Et à présent
Écoute-toi
Tu es vivant
Maintenant que tu es là

Mais dis-moi…

Que je vais résister
Résister aux cris
Résister au bruit
Oui ! Dis-moi
Résister au temps
Résister au vent
Résister aux coups
Résister à tout
O ! Dis-moi
Que je vais encore
Résister au sort
Et rester debout
... Malgré tout

28 juin 2019

Chanter ou me taire

Chanson - Chanter ou me taire - Poésie - Chansons de sansonnet - Chanson poétique -  Paroles et textes pour chansons - Dessin - Image -

Entendez-vous frapper
La foudre et la fureur
Qui renversent les mots
Et claquent à l’intérieur
Écoutez les coups de tonnerre

Le vent souffle trop fort 
Dans mon cœur si léger
Pour affronter l’orage
Semblable au sansonnet
Je veux bien chanter ou me taire

Tout au fond de la chair
L’éclair plante un couteau
Pour enfoncer sa lame
Dans le ventre des mots
Tout flambe comme une poudrière

Puis tout redevient noir
Et la lune est tombée
Pour éclairer la nuit
Semblable au sansonnet
Je veux bien chanter ou me taire

La pluie sème le trouble
Dans de menus ruisseaux 
Et nourrit des torrents
Qui palpitent de trop
Grondant encore de colère

La grêle frappe trop fort
Et ravage les blés
En attendant le jour
Semblable au sansonnet
Je veux bien chanter ou me taire

Un rayon de soleil
Me fait sauter du lit
Et la clarté inonde
Mon regard plein de nuit 
Je bois un grand bol de lumière

Pour glisser sous ma plume
Tombée de ce couplet
Mon p’tit brin de soleil
Semblable au sansonnet
Je veux bien chanter ou me taire

Est-ce bien suffisant
Pour chasser les nuages
Et balayer le ciel
Qui éclate de rage
Le temps s’effondre pierre à pierre

Alors pour un instant
Je préfère oublier
Le temps d’une chanson
Semblable au sansonnet
Je veux m’envoler ou me taire

16 juin 2019

En silence

Chanson - En silence - Poésie - Chansons de sansonnet - Chanson poétique -  Paroles et textes pour chansons - Dessin - Image - écriture

À un ami,

O ! Pourquoi le bonheur
Dès qu’il nous échappe
Fait parfois tant de mal
Et s’éloigne sans bruit
Comme un petit papier
Emporté par le vent
Un petit papillon
Qui traverse la vie

Je suis là
Ici-bas
Démunie
Et j’écris
En silence

Je sais bien que ces mots
Ne sont rien à côté
De la voix, du sourire
Du regard bien-aimé

Je sais bien que ces mots
Ne pourront consoler
Du bonheur si fragile
De la douceur d’aimer

Le soleil sur nos joues
Vient cueillir une larme
Pour que tout redevienne
Lumineux comme avant
Comme au temps où les vagues
Renversaient nos pensées
Comme au temps où nos rires
S’en allaient par les champs

Je suis là
Ici-bas
Démunie
Et j’écris
En silence

Je sais bien que ces mots
Ne sont rien à côté
De la voix, du sourire
Du regard bien-aimé

Je sais bien que ces mots
Ne pourront consoler
Du bonheur si fragile
De la douleur d’aimer

Ici, tout est petit
Le temps nous est compté
L’avenir nous échappe
Et veut tout emporter
Il ne restera rien
Pas même nos pensées
Il ne restera rien
Pas même nos regrets 

O ! Rien que nos larmes
Qui tombent dans la nuit
Comme une pincée d’étoiles
Jetée dans l’infini

Je suis là
Ici-bas
Démunie
Et je crie
En silence

Je sais bien que ces mots
Ne sont rien à côté
De la voix, du sourire
Du regard bien-aimé

Je sais bien que ces mots
Ne pourront consoler
Des instants si fragiles
Et du bonheur d’aimer

13 juin 2019

Écoutez les oiseaux...

Chanson - Ecoutez les oiseaux - Poésie - Chansons de sansonnet - Chanson poétique -  Paroles et textes pour chansons - Dessin - Image -
À un ami,

Cette nuit recouvre les maux
Comme une chape de silence
Ici-bas, le poids de la vie
Pèse parfois plus lourd que du plomb
Et je n’ai rien qu’une chanson 
Pour unique confidence
Rien à donner, cher ami
Que ces mots 

Écoutez les oiseaux
Qui pépient dans la nuit
Ce n’est rien…
C’est le chant de la vie

Écoutez les oiseaux
Qui recouvrent la nuit
Ce n’est rien…
Que le chant de l’oubli

La vie n’est peut-être qu’un jeu
Où les souvenirs vagabondent
En théorèmes raccommodés
De mots entortillés d’images
Et je n’ai rien qu’une seconde
Perdue au milieu d’une page
Si peu à donner, cher ami, 
Qu’un aveu

Écoutez les oiseaux
Qui pépient dans la nuit
Ce n’est rien…
C’est le chant de la vie

Écoutez les oiseaux
Qui recouvrent la nuit
Ce n’est rien…
Que le chant de l’oubli

Le monde est encore endormi
Déjà l’aube nous tend les bras
Le rideau s’ouvre sous nos yeux
« Que le spectacle commence ! »
Et je ne peux donner en silence
Que ce que j’ai au fond de moi
Je ne peux donner, cher ami
Qu’une vie

O… La vie !

Un jour,
Une heure,
Une minute…
Une seconde !

Écoutez les oiseaux
Qui pépient dans la nuit
Ce n’est rien…
C’est le chant de la vie

Écoutez les oiseaux

Qui recouvrent la nuit
Ce n’est rien…
Que le chant de l’oubli

10 juin 2019

À pieds joints

Chanson - À pieds joints - Poésie - Chansons de sansonnet - Chanson poétique -  Paroles et textes pour chansons - Dessin - Image -

Dans le ciel pâle de ton front
Et sur ta peau
Au fond de tes yeux charbon
Ou dans ces mots

Suspendue à la lune
Pour décrocher les étoiles
Échouées dans la lagune
De tes nuits sidérales 

Je sauterai à pieds joints
Dans la rivière
Pour débarbouiller les nuages

Je sauterai à pieds joints
Dans la lumière 
Pour éclabousser ton visage

Dans tes rires qui ricochent 
Et ton sourire
Sous la pluie qui s’effiloche
Dans un soupir

Glissée sous tes paupières
Aussi légères qu’une plume
Et dans ton cœur solitaire
Où la flamme se consume

Je sauterai à pieds joints
Dans la rivière
Pour débarbouiller les nuages

Je sauterai à pieds joints
Dans la lumière 
Pour éclabousser ton visage

Dans ton regard plein de brume
Et de rêves 
Au fond d’un grand bol d’écume
Et sans trêve

Perdue dans tes visions
Où tout est noir, tout est gris
Emportée par cette chanson
Jetée dans ton esprit

Je sauterai encore plus haut
Toujours plus beau, encore plus fort
Je sauterai toujours plus haut
Encore et encore

Je sauterai à pieds joints
Dans la rivière
Pour débarbouiller les nuages

Je sauterai à pieds joints
Dans la lumière 
Pour éclabousser ton visage

31 mai 2019

Pour faire « joli »




Il paraît que j’écris pour faire « joli » des petits trucs sans importance. Que la poésie est ailleurs. Que je devrais écrire à la manière de ceux qui ont un cœur. Parce que le mien fait du bruit pour rien et qu’il ferait mieux de se taire. Seulement voilà, mon cœur est rempli de fragments minuscules de la vie ordinaire. Je veux dire, des mots si petits qu’on les entend à peine. Des mots qui comptent pour du beurre mais pas quand on les aime. Je n’y peux rien, c’est comme ça. Ils sont un peu comme moi. C’est vrai qu’il y a des mots si grands, si beaux qu’on n’ose même pas les appeler « poèmes ». Les miens, ils existent dans leur coin, pour ne pas déranger… et puis ils dérangent quand même. Peut-être que je ne suis pas vraiment poète… Au fond, c’est peut-être une chance. Mais j’écrirai encore, même si l’on pense que mon cœur ce n’est rien, rien qu’un petit truc sans importance.