Sur la Revue du Tanka Francophone n° 33

25.4.18


Pas férue des réseaux sociaux, j’ai pourtant rencontré des poètes épatants sur Twitter.

Parmi ces poètes, Michel Lombardo (plus connu sous le nom de Clair Charpentier) qui par la magie de ses haïkus, tankas et autres senryūs, me transporte régulièrement dans des éclats de vie... Des mots justes, sensibles, parfois drôles, souvent déchirants où la nature est omniprésente... où l'ombre est palpable et pourtant lumineuse.

Extraits :

   Dans le jardin jaune
   trois coquelicots encore
   dédaignent l’été.

   Comme un mot d’amour
   le soleil frappe à ma porte
   j’ai fermé les yeux.

   Perdues dans le pré
   les fleurs retiennent leur souffle,
   la nuit va tomber.

   Désordre des choses :
   dangereusement la fin
   frise le début.

   Roulé sur la grève,
   qui saura te reconnaître
   petit grain de sable.

   Où vas-tu, petit ?
   Vers quel probable naufrage
   te conduit ta joie ?


Et d'autres nombreux poèmes et haïkus de Michel Lombardo/Clair Charpentier à découvrir via issuu : https://issuu.com/michellombardo


Grâce à Clair, j'ai également découvert, non pas un recueil, mais une revue : la Revue du Tanka Francophone présentée par Patrick Simon.

Et c’est avec délice que j’ai savouré le numéro 33, en découvrant des formes poétiques que je ne connaissais pas : le haïbun et le tanka-prose. Une introduction passionnante sur les origines philosophiques du tanka et la musicalité des nombres (aïe, aïe, aïe… encore eux !)...


Un échange passionnant dans un tensaku autour d'un poème de Jo(sette) Pellet, avec Alhama Garcia-Aznar et pour ma part, un vrai coup de cœur :

   Square Saint-Louis
   entre nuages et feuilles
   un soleil très doux
   cet écureuil près du banc
   va-t-il nous voler nos mots ?


(Nos mots d'amour... peut-être…)

Gros coups de cœur également :

   Vitrine en bois
   veilles enseignes peintes
   le temps prisonnier
   comme les bonbons dans
   les bocaux de l'enfance
   Germain Rehlinger

   Aujourd'hui l'école
   devenue salle de fêtes
   a gagné une aile
   plus aucune odeur de craie
   le coq grince sur le toit
   Danièle Duteil

   Sur l'esplanade
   les chevaux du carrousel
   tournent à vide
   un orgue de barbarie
   égrène son histoire
   Josette Pellet

   Une branche craque
   sous mon pas mal assuré
   de vieux promeneur
   je surprends le cœur meurtri
   d'un couple de tourterelles
   Michel Lombardo

   Première chimio
   elle glisse dans sa poche
   le parfum des roses
   pour en extraire une goutte
   à la nuit tombée
   Sandrine Waronski


Et des petites merveilles en haïbun et tanka-prose qui m'ont régalé. "Elle" de Marc Bonetto particulièrement mais je n'ai lu que des pépites dans cette revue que je ne peux que conseiller !

Et 2018 réserve encore d’autres très belles surprises à découvrir absolument !

Vous aimerez peut-être

4 commentaires

  1. Clair Charpentier25 avril 2018 à 19:56

    le cœur en suspens
    les mots collés à ma gorge
    comme un papillon

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ce papillon en forme de haïku... et tous les autres (ils sont toute une bande à virevolter tous les jours, dès que vous écrivez des mots...) et merci pour cette belle revue de tanka ! ;-)

      Supprimer
  2. Pris grand plaisir à lire ces lignes dans lesquelles tu mets agréablement en valeur ces trésors poétiques et le rôle de ces créateurs et "passeurs". Bises haïkiennes ! ;-) Cl.

    RépondreSupprimer

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.

© Bénédicte Rabourdin - All rights reserved. Fourni par Blogger.


“ POÉSIE BUISSONNIÈRE...




...POUR LECTEURS DISSIP
ÉS ”