Les carabossés

Danse !

30.11.18



Danse ! Danse le soleil et la lune, en tirant sur le fil emmêlé de tes doigts. La face collée au vent ébouriffe tes pieds. La folie d’un pantin articule tes pas. Danse ! Danse ! Et brimbale tes bras et tes jambes en cadence de ton corps qui chaloupe, de ton cœur qui chavire et ton âme qui flanche. Danse… Danse ! Ne t’arrête pas ! Un jour, la vie s’arrêtera.

Les carabossés

Tomber

23.11.18



Quand on regarde l’écran, y a un truc qui tombe au fond des yeux. Quelque chose qui ne se voit pas, un éclat de rien qui file au fond des choses, un rêve à peine lisible inscrit dans le sable et qui s’efface aussitôt. Comme une lettre attendue mais qu’on n’ouvre jamais ou qu’on a perdu en trompe-l’œil, entre deux souvenirs qui filent entre les doigts. Quelque chose qui fait tenir. Un rêve qui se dépose quelque part en attendant de mourir. Un rêve qui tombe dans le regard et finit par se perdre sur l’écran noir de la vie.

Les carabossés

Bodaine

17.11.18



Elles gloussaient, les poulettes, au sommet de ton cœur, lorsque tu ramassais un peu de chaleur au creux de tes mains. Tu semais des brins de paille sur ton chemin, chaque fois que tes cheveux se mêlaient d‘or et de plumes. Tu tenais tout ton amour à pleines mains pour remplir le panier d’osier, tressé, dans tes yeux de gamine. Puis quand venait l’heure, tu t’en allais sur le sentier, fouler les grains de soleil qui tombaient du berceau presque blanc de la lune.

Les carabossés

L'attente

12.11.18



Au coin de la rue, tu attendais… Tu attendais qu’un courant d’air souffle dans ta tête, si fort, que toutes tes idées s’envoleraient de ta bouche pour se poser sur le papier. Tu attendais un coup de vent, pour balayer les feuilles qui tombent dans ta vie, pour faire danser les mots qui tremblent entre les branches. Tu attendais un rayon de soleil, pour faire mûrir le silence, pour qu’il te porte plus loin que tous les bruits perdus dans les couloirs du métro. Tu attendais… Et puis le bus est arrivé.

Les carabossés

Ivresse

4.11.18



La vie, elle te rend ivre d’encre ! Elle te porte. Elle t’entraîne sur la pente de ton histoire. Elle s’écrit. Elle se creuse sur la ligne de ton cœur aux jours les plus noirs. Elle tombe, vaincue, sous le regard de la lune, de ses mains chargées d’étoiles, entre un jardin de cristal et un ciel de marbre.

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“ POÉSIE BUISSONNIÈRE...




...POUR LECTEURS DISSIP
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